3 jours de conférences plénières ou parallèles, de symposiums thématiques, tables rondes et posters numériques...




3 jours de formation, d'échanges, de moments de débats et de confrontations sur les expériences et les interventions psychologiques et thérapeutiques.
















Aujourd'hui 03/09/2010
Dernière actualisation le 11 octobre 2009

Argumentaire

        Les agissements violents de certains adolescents (incivilitĂ©s, transgressions, agressions) et la brutalitĂ© dĂ©linquante de quelques enfants suscitent confusion et inquiĂ©tude. AssociĂ©s aux reprĂ©sentations stĂ©rĂ©otypĂ©es comme celles de l’enfance perdue, de l’éducation dĂ©faillante, de la crise identitaire adolescente, de l’éclatement familial et de la transformation des « valeurs fondatrices » de la civilisation, les actes violents des plus jeunes sur les autres ou sur eux-mĂŞmes contribuent Ă  accroĂ®tre le sentiment d’insĂ©curitĂ©. Ils compliquent les tentatives individuelles ou collectives de comprĂ©hension et de traitement portant sur des comportements qui suscitent un grand dĂ©sarroi dans l’entourage de l’agresseur et chez lui-mĂŞme.

        La mĂ©diatisation globale et en temps rĂ©el des Ă©vènements frappants (racket, jeux morbides, agression d’adultes, violences corporelles ou sexuelles des plus jeunes, dĂ©lits en groupe, homicides, …) conduit souvent Ă  des amalgames qui en brouillent la lisibilitĂ©. Le dĂ©ni et la haine de l’autre heurtent l’image convenue et idĂ©alisĂ©e de l’enfance, renforcent le sentiment partagĂ© que la violence fondamentale n’est plus contenue et qu’elle menace les relations sociales depuis leurs sources mĂŞme …

- Quelles sont les racines de cette violence agie de l’enfance ?
- Quel est son lien avec les premiers temps de la vie psychique ?
- A quelles défaillances individuelles et familiales, à quelles histoires personnelles, responsabilités sociales, culturelles ou politiques renvoient-elles ?
- Quels sont les points communs à tous ces symptômes et relèvent-ils tous des mêmes problématiques ? Et comment les institutions y répondent-elles ?

        Les psychologues qui exercent au cĹ“ur de ces comportements troublants de l’enfance en saisissent au quotidien les manifestations, les expressions individuelles, les signes cliniques et parfois les dĂ©rives. Ils travaillent avec ces jeunes patients et leurs familles, ils prennent en charge bĂ©bĂ©s et ados, interviennent de diffĂ©rentes places et tentent de mettre en Ă©vidence les diffĂ©rents modes de fonctionnement psychique propres Ă  ces conduites violentes lĂ  oĂą elles Ă©mergent.

La violence est au cœur de la vie. Il n’y a pas de vie sans violence. Elle est d’abord source de vie, énergie. Elle demande à être accueillie, contenue et transformée pour se mettre au service de la créativité, de la construction de soi. Lorsqu’elle est liée à des représentations, à des affects, à des objets, lorsqu’elle vient jouer sa partie dans les relations, la violence devient agressivité. C’est alors l’un des modes de lien qui s’établissent dans l’intersubjectivité, un moteur de la relation. Mais lorsqu’elle est déliée, sans attache, lorsqu’elle échoue à se symboliser, elle est le plus souvent au service de la destructivité. La violence agie traduit l’extrême difficulté qu’éprouve le sujet à contenir psychiquement cette violence interne. Devenue incontrôlable, elle en signe le mouvement d’expulsion et de projection vers le monde externe, en quête d’objets en quelque sorte, et peut-être aussi d’apaisement. Cette violence manifeste est le manifeste de l’autre violence, latente, interne, porteuse d’angoisses destructrices. Lorsqu’elle s’exprime, lorsqu’elle est agie contre soi ou contre l’autre, elle révèle la détresse de celui qui montre ainsi qu’il est débordé et dominé par elle.

        Contribuer de façon significative Ă  la rĂ©flexion sur les origines de la violence agie chez l’enfant et l’adolescent, telle est l’ambition de ce colloque.

        A partir des travaux en psychologie clinique, en psychopathologie de la pĂ©rinatalitĂ© Ă  l’adolescence, en psychologie du dĂ©veloppement et en psychanalyse seront prĂ©sentĂ©es et discutĂ©es les analyses et les rĂ©ponses que tentent d’apporter les psychologues dans leurs pratiques, en France, en Europe et dans d’autres parties du monde. Les contributions neuroscientifiques et psychiatriques, sociologiques, juridiques et historiques, les perspectives anthropologiques et transculturelles y seront associĂ©es et articulĂ©es dans une perspective pluridisciplinaire au service des pratiques et des interventions.

François Marty et le comité scientifique.